
Pour réellement fuir la foule en mer d’Andaman, choisir une île « secrète » ne suffit pas ; le vrai secret est de maîtriser la logistique maritime qui la dessert.
- La province de Trang offre une authenticité garantie par une moindre accessibilité (aéroport domestique) comparée à Krabi (aéroport international).
- Le coût de la vie sur une île isolée est directement lié au nombre de « ruptures de charge » (transferts bateau/camion) que subit chaque produit.
- La planification des trajets inter-îles se fait en deux temps : vision globale en ligne (12Go.asia), puis confirmation et achat sur place la veille.
Recommandation : Privilégiez l’archipel de Trang pour la tranquillité, prévoyez un budget île 40% supérieur à celui du continent et ne considérez jamais les horaires de ferry en ligne comme une certitude absolue.
Le fantasme de l’île déserte, celui du film « La Plage », nous l’avons tous en tête en préparant un voyage en Thaïlande. On rêve de sable blanc immaculé, d’eau turquoise et de silence, seulement troublé par le bruit des vagues. Puis, la réalité nous rattrape : les speedboats déversent des centaines de visiteurs sur les plages de Koh Phi Phi, les rues d’Ao Nang à Krabi sont bondées et même les « alternatives » comme Koh Lanta voient leurs infrastructures se développer à grande vitesse. On se retrouve alors à chercher la perle rare, cette île qui aurait échappé aux radars du tourisme de masse.
En tant que skipper naviguant dans ces eaux depuis des années, je peux vous le dire : le secret pour trouver ce havre de paix n’est pas une coordonnée GPS sur une carte. Le secret, c’est de comprendre la « grammaire maritime » de la région. Il ne s’agit pas seulement de choisir une destination, mais de saisir la logique des flux, les contraintes logistiques et les rythmes naturels qui dictent la vie insulaire. Une île n’est pas sauvage par hasard ; elle l’est souvent parce qu’elle est plus difficile d’accès, plus coûteuse à approvisionner et plus exposée aux caprices de la météo.
Cet article n’est pas une simple liste d’îles. C’est une feuille de route pour vous apprendre à lire la mer d’Andaman, à anticiper ses défis et à faire les bons arbitrages. Nous allons décortiquer ensemble pourquoi certaines provinces restent préservées, comment orchestrer vos déplacements sans perdre de temps, évaluer les risques et comprendre la véritable économie d’une île. L’objectif : vous donner les clés pour organiser vous-même votre échappée, loin des sentiers battus par les charters touristiques.
Pour vous guider dans cette navigation, voici les points de passage que nous allons explorer. Chaque étape est une escale essentielle pour comprendre comment construire un voyage authentique en mer d’Andaman, loin de la foule.
Sommaire : Naviguer en mer d’Andaman, le manuel de l’explorateur
- Pourquoi les îles de la province de Trang sont-elles plus sauvages que celles de Krabi ?
- Comment organiser un saut de puce d’île en île sans perdre une journée en attente de bateau ?
- Koh Lipe ou Koh Lanta : laquelle privilégier pour un voyage en famille avec jeunes enfants ?
- Le risque de se retrouver coincé sur une île sans ferry pendant la mousson
- Pourquoi la vie sur une île coûte-t-elle 40% plus cher que sur le continent ?
- Où s’asseoir exactement sur le bateau pour minimiser le ressenti des vagues ?
- À quelle heure le Lagon Bleu d’Ang Thong est-il le plus photogénique et désert ?
- Passer son PADI à Koh Tao : comment choisir son école parmi les 50 centres de plongée ?
Pourquoi les îles de la province de Trang sont-elles plus sauvages que celles de Krabi ?
La première règle de la grammaire maritime est simple : l’intensité touristique est inversement proportionnelle à la complexité d’accès. La différence fondamentale entre les archipels de Krabi et de Trang ne tient pas à la beauté de leurs îles, qui sont toutes deux spectaculaires, mais à la nature de leurs infrastructures. Krabi possède un aéroport international, une porte d’entrée directe pour les voyageurs du monde entier. Trang, en revanche, n’est desservie que par un aéroport domestique. Ce simple détail change tout.
Ce « filtre » logistique a permis à Trang de préserver un développement à taille humaine, tourné vers un tourisme plus local et familial, alors que Krabi est devenue une plaque tournante du tourisme de masse international. Les conséquences sont visibles à tous les niveaux : taille des hôtels, fréquentation des plages et préservation de l’environnement. Pour bien comprendre cette divergence, le tableau suivant résume les points clés, basé sur les observations des acteurs du tourisme en Thaïlande.
Cette comparaison, détaillée dans une analyse des atouts de Trang, met en lumière une réalité simple : la tranquillité se mérite.
| Critères | Province de Trang | Province de Krabi |
|---|---|---|
| Nombre d’îles | 46 îles préservées | 80+ îles |
| Type d’aéroport | Domestique uniquement | International |
| Accessibilité | Plus complexe, moins de liaisons directes | Vols directs depuis Bangkok, ferries fréquents |
| Infrastructures touristiques | Petites structures, tourisme familial | Grands resorts, hôtels internationaux |
| Flux touristique | Modéré, principalement thaïlandais | Tourisme de masse international |
| Préservation naturelle | Parcs nationaux protégés, développement limité | Forte urbanisation côtière (Ao Nang) |
L’exemple de Koh Ngai, une des perles de Trang, illustre parfaitement ce modèle. L’île, quasiment inhabitée en dehors de quelques bungalows discrets, offre une expérience immersive : jungle, plages de sable fin et un récif corallien accessible directement depuis la plage. Cette quiétude contraste radicalement avec l’agitation de Koh Phi Phi (province de Krabi), qui accueille des milliers de visiteurs par jour. Choisir Trang, c’est donc faire le choix conscient d’un peu plus de complexité logistique pour beaucoup plus d’authenticité.
Comment organiser un saut de puce d’île en île sans perdre une journée en attente de bateau ?
Le rêve du « island hopping » peut vite tourner au cauchemar logistique : une journée entière passée sur un port à attendre un ferry qui ne partira qu’à 15h, vous faisant perdre un temps précieux. Le secret d’un enchaînement fluide réside dans une planification en deux temps, qui mêle anticipation numérique et agilité sur le terrain. Les horaires affichés en ligne sont des indications, jamais une parole d’évangile.
Voici la méthode que j’applique et conseille à tous ceux qui veulent optimiser leurs transferts :
- Étape 1 : La vision d’ensemble. Utilisez des agrégateurs comme 12Go.asia pour cartographier les liaisons possibles, identifier les opérateurs (Tigerline, Satun Pakbara, etc.) et avoir une idée des horaires théoriques. C’est votre phase de brouillon, ne réservez rien à ce stade, sauf si vous voyagez pendant le pic du Nouvel An.
- Étape 2 : La confirmation locale. Dès votre arrivée sur une île, votre premier réflexe doit être de vous rendre au guichet des opérateurs locaux sur le port ou dans une agence de voyage. Demandez les horaires pour votre prochaine destination. Vous constaterez souvent des départs supplémentaires ou des changements non répertoriés en ligne.
- Étape 3 : L’achat la veille. Une fois l’horaire confirmé, achetez votre billet la veille pour le lendemain. Cela garantit votre place, surtout en haute saison, et vous permet d’arriver au port 30 minutes avant le départ, l’esprit tranquille, au lieu d’attendre des heures.
Cette approche simple vous évite le stress de l’incertitude. Elle vous donne la flexibilité de changer vos plans tout en sécurisant l’étape suivante de votre voyage. La mer d’Andaman récompense ceux qui planifient, mais surtout ceux qui s’adaptent.

Visualiser le trajet entre les îles, comme le fait ce bateau traditionnel, permet de comprendre que chaque traversée est une étape à part entière du voyage, pas juste un simple transfert. En maîtrisant la logistique, vous transformez une contrainte en une partie intégrante et agréable de votre aventure.
Koh Lipe ou Koh Lanta : laquelle privilégier pour un voyage en famille avec jeunes enfants ?
Lorsqu’on voyage avec de jeunes enfants, les critères de sélection d’une île changent radicalement. La beauté sauvage cède la place à la sécurité, à la praticité et à l’accès aux soins. Sur ce terrain, Koh Lanta et Koh Lipe, bien que toutes deux magnifiques, offrent des expériences diamétralement opposées. Le choix entre les deux n’est pas une question de préférence, mais d’adéquation avec les contraintes familiales.
Koh Lanta est, de loin, l’option la plus rassurante et la plus pratique pour une famille. Plus grande, mieux développée et plus facile d’accès, elle offre un compromis idéal entre dépaysement et confort. Koh Lipe, surnommée « les Maldives de la Thaïlande », est un joyau plus petit, plus isolé et donc logistiquement plus complexe. Le tableau suivant, qui s’appuie sur les retours d’expérience de familles voyageuses, met en évidence les points décisifs.
| Critères familiaux | Koh Lanta | Koh Lipe |
|---|---|---|
| Durée trajet depuis l’aéroport | 2h (ferry direct depuis Krabi) | 4-5h (ferry + speedboat avec escale) |
| Infrastructures médicales | Hôpital international + cliniques | Dispensaire basique uniquement |
| Type de plages | Longues plages, pente douce, sable fin | Petites criques, parfois rocheuses |
| Déplacements avec poussette | Routes goudronnées, location de voiture possible | Sentiers de sable, île piétonne uniquement |
| Taille de l’île | 27 km de long, espace et diversité | 3 km², village compact |
| Approvisionnement enfants | Supermarchés bien achalandés | Épiceries basiques limitées |
Le verdict est clair : Koh Lanta est le choix de la sérénité pour les parents. La présence d’un hôpital international, la facilité de se déplacer avec une poussette sur les routes goudronnées et l’accès à des supermarchés pour trouver couches ou petits pots sont des atouts non négociables. Koh Lipe, avec son dispensaire rudimentaire et ses chemins de sable, s’adresse davantage aux couples ou aux voyageurs solitaires en quête d’une robinsonnade.
Comme le résume la blogueuse de voyage May Banton, spécialiste de la destination :
Koh Lanta est l’île idéale pour découvrir la Thaïlande loin du tourisme de masse. Elle est ni trop développée, ni trop peuplée, mais elle dispose de suffisamment d’infrastructures pour vivre confortablement.
– May Banton, Blog de voyage Thaïlande
Le risque de se retrouver coincé sur une île sans ferry pendant la mousson
La mousson (généralement de mai à octobre en mer d’Andaman) est un sujet qui inquiète beaucoup de voyageurs. Il faut démystifier une chose : « mousson » ne signifie pas une pluie torrentielle 24h/24. Le plus souvent, il s’agit d’averses intenses mais courtes, suivies de belles éclaircies. Le véritable risque n’est pas la pluie, mais la houle. Une mer forte peut entraîner l’annulation de toutes les liaisons par ferry, vous laissant potentiellement bloqué sur une île.
Ce risque d’isolement logistique n’est pas le même partout. Plus une île est petite et isolée, plus elle est vulnérable. Selon les observations des opérateurs locaux, le contraste est saisissant : le risque que les îles soient totalement isolées de 3 à 7 jours consécutifs est réel pour des destinations comme Koh Kradan ou Koh Ngai, tandis que Koh Lanta, plus grande et stratégique, maintient quasi systématiquement au moins une liaison par jour, même par mauvais temps. C’est un facteur crucial à considérer si vous voyagez avec un calendrier serré ou un vol retour à ne pas manquer.
Si malgré tout, vous vous retrouvez bloqué, pas de panique. Voici un kit de survie logistique pour gérer la situation :
- Action immédiate : Contactez votre hôtel actuel. Expliquez la situation et négociez une ou plusieurs nuits supplémentaires, souvent au même tarif. Ils sont habitués et généralement très arrangeants.
- Option alternative : Parlez aux autres voyageurs bloqués. Il est souvent possible de se regrouper pour louer un long-tail boat privé et mutualiser les frais pour rejoindre une île plus grande ou le continent. C’est plus cher, mais efficace.
- Prévention assurance : Avant de partir, vérifiez que votre assurance voyage couvre bien les annulations et retards dus aux « circonstances météorologiques exceptionnelles ». Gardez tous les justificatifs d’annulation.
- Anticipation météo : Téléchargez une application météo marine comme Windy.app. Elle vous donnera des prévisions sur la hauteur de la houle, qui est le principal facteur d’annulation des bateaux, bien plus que la pluie elle-même.
Pourquoi la vie sur une île coûte-t-elle 40% plus cher que sur le continent ?
C’est un constat que fait chaque voyageur : le Pad Thai qui coûtait 80 bahts à Krabi Town est affiché à 150 bahts sur une petite île. Cette inflation n’est pas de la cupidité, mais la conséquence directe d’une loi logistique implacable : la multiplication des ruptures de charge. Chaque produit que vous consommez sur une île isolée a dû effectuer un long et coûteux voyage pour arriver jusqu’à vous.
Pour comprendre ce surcoût, rien de tel qu’un exemple concret. Prenons le parcours d’une simple bouteille d’eau, de son achat en gros sur le continent à sa vente dans une épicerie sur Koh Ngai :
Le parcours d’une bouteille d’eau de Krabi à Koh Ngai
Une bouteille d’eau achetée 7 THB au marché de gros de Krabi subit 4 ruptures de charge successives. D’abord, le transport en camion jusqu’au port principal (+2 THB). Ensuite, le transfert par ferry vers l’île la plus proche disposant d’un port en eau profonde (+3 THB). Puis, un pick-up la transporte vers le petit embarcadère de l’autre côté de l’île (+2 THB). Enfin, un long-tail boat effectue le dernier kilomètre pour la livrer sur la plage de l’hôtel (+3 THB). À ces 17 THB de coût logistique s’ajoute la marge du vendeur, qui est souvent en situation de monopole (+5 THB). La bouteille est finalement vendue 22 THB, soit une augmentation de plus de 200%. Cette chaîne complexe explique pourquoi les tarifs des activités augmentent proportionnellement, comme la location d’un kayak ou les droits d’entrée dans les parcs nationaux.
Comprendre cette mécanique permet d’adopter des stratégies simples pour maîtriser son budget sans sacrifier son plaisir :
- Faire son marché sur le continent : Avant d’embarquer pour les îles, faites le plein de produits non périssables à forte marge. Crème solaire, répulsif anti-moustiques, snacks, produits d’hygiène… Vous pouvez facilement économiser 30 à 40% sur ces articles.
- Manger local : Fuyez les restaurants alignés sur la plage principale. Marchez quelques centaines de mètres à l’intérieur des terres et cherchez les petites échoppes fréquentées par les Thaïlandais. La nourriture y est souvent meilleure et deux fois moins chère.
- Investir dans une gourde filtrante : L’achat quotidien de bouteilles d’eau représente un budget non négligeable. Une gourde avec un filtre intégré est un petit investissement rapidement amorti, qui vous fera économiser entre 60 et 100 THB par jour.
Où s’asseoir exactement sur le bateau pour minimiser le ressenti des vagues ?
Avoir le mal de mer peut transformer une traversée paradisiaque en véritable épreuve. La bonne nouvelle, c’est que le choix de votre place à bord n’est pas anodin et peut radicalement changer votre expérience. Ce n’est pas une question de chance, mais de physique. Le point le plus stable d’un bateau, celui qui subit le moins les mouvements de tangage (avant/arrière) et de roulis (côté/côté), se situe toujours près de son centre de gravité.
L’emplacement exact de cette « zone de confort » varie selon le type d’embarcation. Voici un guide de positionnement, parole de skipper :
- Sur un speedboat : La pire place est à l’avant, que l’on surnomme « la machine à laver » pour ses secousses violentes. L’arrière est plus stable mais vous expose au bruit assourdissant des moteurs et aux fumées. Le meilleur compromis est donc de choisir les banquettes centrales, idéalement dos au sens de la marche.
- Sur un grand ferry : Le point de stabilité maximale est au pont inférieur, en son centre. Les ponts supérieurs offrent une meilleure vue mais amplifient la sensation de roulis. Si vous êtes sensible, sacrifiez la vue pour le confort.
- Sur un long-tail boat : Ces bateaux longs et étroits sont plus instables. Positionnez-vous le plus au centre possible, près du pilote. Les places aux extrémités avant et arrière subissent beaucoup plus l’amplitude des vagues.

Au-delà de votre position, un conseil universel prévaut : fixez toujours l’horizon. Votre cerveau a besoin de synchroniser les informations de votre oreille interne (qui sent le mouvement) avec celles de vos yeux. Regarder un point fixe au loin aide à réduire le conflit sensoriel responsable du mal de mer. Respirez calmement et profondément, et la traversée se passera sans encombre.
À quelle heure le Lagon Bleu d’Ang Thong est-il le plus photogénique et désert ?
C’est le dilemme de tout amateur de beaux paysages : le moment où la lumière est la plus belle est souvent aussi celui où le site est le plus fréquenté. Ce paradoxe est particulièrement vrai pour les lagons iconiques de Thaïlande. Le fameux Lagon Émeraude (Talay Nai) du parc national d’Ang Thong (dans le Golfe de Thaïlande) ou son équivalent en mer d’Andaman, le lagon de Koh Hong (province de Krabi), sont des exemples parfaits de cet arbitrage entre lumière et foule.
La couleur turquoise la plus intense, celle que l’on voit sur les cartes postales, apparaît lorsque le soleil est au zénith, entre 11h et 14h. Malheureusement, c’est aussi le créneau où tous les tours organisés en speedboat convergent. D’après les observations des opérateurs locaux, le lagon de Koh Hong reçoit 80% de ses visiteurs entre 10h et 15h, avec un pic assourdissant à midi. Vouloir la photo parfaite à ce moment-là, c’est accepter de la partager avec des centaines d’autres personnes.
Alors, comment déjouer le piège ? La solution ne réside pas dans l’heure, mais dans le mode de transport. Oubliez les tours organisés et optez pour la location d’un long-tail boat privé pour la demi-journée ou la journée. C’est plus cher, mais c’est le prix de la liberté et de la tranquillité. Avec votre propre bateau, deux stratégies s’offrent à vous :
- La stratégie du matin : Demandez à votre pilote de partir à l’aube pour arriver sur site vers 8h30, bien avant le premier speedboat. Le lagon sera à vous. La lumière, plus rasante et dorée, sera moins « turquoise » mais créera des contrastes magnifiques sur les falaises karstiques, pour une ambiance plus dramatique et authentique.
- La stratégie du soir : Arrivez sur place après 15h30 ou 16h, lorsque les tours repartent vers le continent. Vous profiterez du site dans le calme de fin de journée, avec une lumière douce et chaude qui embrase les roches. Vous aurez peut-être même le privilège d’assister au coucher du soleil depuis le lagon.
L’exclusivité a un prix, mais l’expérience de découvrir un tel lieu dans le silence est un souvenir qui, lui, n’a pas de prix.
À retenir
- Le véritable indicateur du caractère « sauvage » d’une île n’est pas sa réputation, mais son accessibilité logistique (aéroport international vs domestique, fréquence des ferries).
- Le coût de la vie sur une île (+40% en moyenne) n’est pas arbitraire ; il reflète mathématiquement le nombre de transferts (ruptures de charge) nécessaires pour approvisionner l’île.
- L’expérience idéale (plongée, photo, tranquillité) dépend toujours d’un arbitrage conscient entre le timing (tôt le matin/tard le soir), le budget (privatiser un bateau) et le confort (choisir une île mieux équipée).
Passer son PADI à Koh Tao : comment choisir son école parmi les 50 centres de plongée ?
La question du PADI à Koh Tao revient souvent. C’est vrai, l’île du Golfe de Thaïlande est la Mecque mondiale de la certification de plongée, réputée pour ses prix imbattables. Cependant, si votre voyage se concentre sur la mer d’Andaman, faire un détour par Koh Tao serait une erreur logistique. La bonne nouvelle, c’est que la côte Andaman offre des alternatives fantastiques pour passer son Open Water, avec des sites souvent plus spectaculaires et moins fréquentés que ceux de sa cousine du Golfe.
Plutôt que de viser Koh Tao, considérez les excellentes bases de la mer d’Andaman. Chaque destination a sa propre personnalité. D’après les retours des centres de plongée francophones de la région, voici un aperçu pour vous aider à choisir votre camp.
| Destination | Avantages | Prix PADI Open Water | Meilleurs sites |
|---|---|---|---|
| Koh Lanta | Centres francophones, débutants bienvenus, accès facile | 12 000-15 000 THB | Koh Haa, Koh Bida |
| Khao Lak | Base pour croisières liveaboard Similan | 13 000-16 000 THB | Îles Similan, Richelieu Rock |
| Phuket/Phi Phi | Infrastructure développée, nombreux centres | 14 000-18 000 THB | Shark Point, King Cruiser |
| Koh Tao (Golfe) | Capital budget, 50+ centres, communauté plongeurs | 9 000-11 000 THB | Chumphon Pinnacle, Sail Rock |
Le prix légèrement plus élevé en mer d’Andaman est compensé par une meilleure qualité d’encadrement et des sites de renommée mondiale. Une fois votre destination choisie (Koh Lanta est un excellent choix pour les débutants), le plus important est de sélectionner le bon centre. Ne vous fiez pas uniquement au prix.
Votre plan d’action pour choisir votre centre de plongée
- Ratio instructeur/élèves : C’est le critère de sécurité numéro un. Exigez un maximum de 4 élèves par instructeur PADI. Refusez les centres qui proposent des groupes plus importants.
- Localisation du centre : Évaluez sa position sur l’île. Un centre situé au sud de Koh Lanta, par exemple, vous fera économiser 30 minutes de trajet en bateau pour atteindre les sites de Koh Haa.
- Inspection de l’équipement : Demandez à voir le matériel. Les détendeurs sont-ils de marque reconnue et bien entretenus ? Les combinaisons sont-elles en bon état ? Les ordinateurs de plongée sont-ils fournis et fonctionnels ?
- Qualité du bateau : Un grand bateau de plongée stable avec une zone ombragée est bien plus confortable pour les longs intervalles de surface entre les plongées qu’un speedboat surchargé.
- Vérification des certifications : N’hésitez pas à demander à voir les certifications PADI des instructeurs, l’assurance du centre et son permis d’opération touristique. Un centre sérieux sera fier de vous les montrer.
Vous possédez désormais la carte et la boussole pour naviguer en mer d’Andaman non pas comme un touriste, mais comme un voyageur éclairé. L’étape suivante, la plus belle, vous appartient : commencez à esquisser votre itinéraire, à choisir vos escales et préparez-vous à larguer les amarres pour une aventure authentique.