Cabane flottante confortable sur le lac Cheow Lan au crépuscule, eau émeraude et montagnes karstiques en arrière-plan, avec un grand espace de ciel dégagé pour le texte de mise en page.
Publié le 15 mars 2024

Réussir son séjour en bungalow flottant sur le lac Cheow Lan ne dépend pas du luxe, mais d’un arbitrage intelligent en amont et d’une logistique minimaliste sur place.

  • Le confort n’est pas une option unique : il faut choisir entre le confort thermique (climatisation) et le confort acoustique (silence).
  • La clé d’une expérience fluide est de laisser sa valise à quai et de n’emporter qu’un sac étanche avec le strict nécessaire.

Recommandation : Concentrez-vous moins sur la recherche du bungalow « parfait » et plus sur la préparation de votre équipement et de votre état d’esprit pour vivre l’aventure sereinement.

L’image d’une cabane en bambou flottant sur les eaux émeraude du lac Cheow Lan, cernée par des pitons karstiques majestueux, est l’une des promesses les plus fortes de la Thaïlande. C’est une invitation à l’aventure, une nuit hors du temps au cœur du parc national de Khao Sok. Pourtant, pour de nombreux voyageurs, cette vision idyllique se heurte à une crainte tenace : celle de l’inconfort. L’idée d’une nuit spartiate, de l’humidité, des insectes et de sanitaires rudimentaires suffit à transformer le rêve en hésitation.

Les récits de voyage oscillent souvent entre deux extrêmes : ceux qui vantent une déconnexion « rustique » en omettant les détails pratiques, et ceux qui se concentrent sur des complexes luxueux, inaccessibles pour beaucoup. Cette polarisation laisse une question en suspens : est-il possible de vivre cette immersion unique sans pour autant sacrifier un confort essentiel, surtout en couple ou en famille ? La réponse est un oui franc, mais elle ne se trouve pas là où on la cherche habituellement. Le secret n’est pas de trouver un palace flottant, mais de maîtriser l’art de l’arbitrage et de la préparation.

La clé du confort sur le lac Cheow Lan ne réside pas dans un choix binaire entre luxe et précarité, mais dans une stratégie en trois temps : savoir décrypter les offres pour choisir le bon « type » de confort, adopter une logistique minimaliste qui élimine 90% des désagréments, et comprendre les rythmes du lac pour en saisir les moments les plus magiques. Cet article n’est pas un catalogue d’hôtels, mais un guide stratégique pour vous donner les moyens de transformer cette expérience potentiellement intimidante en un souvenir inoubliable et serein.

Nous allons explorer ensemble les véritables options d’hébergement, la logistique essentielle pour voyager léger, et les secrets pour s’immerger pleinement dans cet écosystème exceptionnel, tout en gardant la maîtrise de votre bien-être.

Bambou partagé ou capsule design avec clim : quelles sont les options réelles sur le lac ?

La première étape pour un séjour confortable est de déconstruire le mythe du bungalow flottant unique. Il n’existe pas un seul type d’hébergement, mais un éventail d’options qui répondent à différents besoins et budgets. L’erreur commune est de chercher le « meilleur » bungalow dans l’absolu, alors que la bonne approche consiste à faire un arbitrage de confort. Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Le silence, une salle de bain privée, ou l’air conditionné ?

Les options se divisent en trois grandes catégories :

  • Les bungalows rustiques : Souvent en bambou, avec des murs fins, des sanitaires partagés à terre (ou plutôt, sur une autre barge) et une électricité fournie par un générateur sur des plages horaires limitées. C’est l’option la plus économique et la plus « authentique », mais aussi la moins confortable.
  • Les bungalows confort : C’est le juste milieu. Ils offrent généralement une salle de bain privée, un ventilateur, et parfois même la climatisation. Cependant, cette dernière est un point crucial à vérifier. Un retour d’expérience sur un bungalow flottant confortable mentionne une climatisation fonctionnelle uniquement la nuit, de 18h à 6h, alimentée par un générateur. Cela assure une nuit fraîche, mais implique un bruit de fond potentiel et pas de climatisation pendant la chaleur de la journée.
  • Les complexes « premium » : Plus rares et beaucoup plus chers, ils proposent des villas individuelles avec tout le confort moderne, parfois une petite piscine privée et un service hôtelier. L’immersion est là, mais l’aspect « aventure » est plus policé.

Le choix dépend donc de vos priorités. Voulez-vous un silence absolu pour écouter la jungle la nuit (auquel cas, un bungalow sans générateur à proximité est préférable) ou préférez-vous la garantie d’une nuit fraîche quitte à supporter un léger bruit de fond ?

Cette analyse comparative des tarifs vous donne une idée des ordres de grandeur. Comme le montre ce tableau issu d’une synthèse de prix pour le lac Cheow Lan, un forfait incluant les repas est souvent un bon compromis pour s’assurer un confort logistique sans se ruiner.

Tarifs indicatifs de bungalows flottants et formules (ordre de grandeur)
Option (exemples) Tarif indicatif Capacite Indice de « confort » implicite
Bungalow simple 1 800–2 500 THB (≈48–66 €) 2 personnes Solution basique pour dormir sur l’eau
Bungalow familial 3 200–4 500 THB (≈85–120 €) 4 personnes Plus d’espace / logistique simplifiee en groupe
Forfait 2J/1N avec repas 3 500–5 000 THB (≈93–133 €) Selon formule Confort « sans prise de tete » (repas integres)
Excursion privee 8 000–12 000 THB (≈213–320 €) Selon prestataire Plus de controle sur le rythme (horaires, arrets)

Finalement, le « vrai » confort ne se mesure pas en étoiles, mais dans l’adéquation entre vos attentes et la réalité de la prestation. Posez des questions précises lors de la réservation : horaires de l’électricité, type de sanitaires, distance du générateur.

Pourquoi faut-il laisser sa grosse valise au port et ne prendre qu’un sac étanche ?

Voici le conseil logistique le plus important pour garantir votre confort sur le lac : laissez votre grosse valise derrière vous. Ce n’est pas une simple suggestion, c’est une règle d’or qui transformera votre expérience. S’encombrer d’une valise rigide ou d’un grand sac à dos est la recette garantie pour le stress et l’inconfort. Les transferts se font en « long-tail boat », des barques étroites où l’espace est compté. Manœuvrer une valise de 20 kg du quai à la barque, puis de la barque au ponton flottant de votre bungalow est une opération périlleuse et inutile.

De plus, l’environnement est par définition humide. Entre les éclaboussures pendant le trajet, l’humidité ambiante et l’espace restreint de votre bungalow, une valise devient rapidement un fardeau. La philosophie est celle de la logistique minimaliste : n’emportez que le strict nécessaire pour 24 heures dans un sac étanche (« dry bag »). Ce type de sac est peu coûteux, léger, et protège vos affaires de l’eau, vous libérant ainsi de toute anxiété. Un voyageur expérimenté raconte avoir laissé ses sacs et papiers importants dans un espace sécurisé de son hébergement à terre, ne gardant qu’un kit réduit pour le lac, ce qui a rendu son expérience beaucoup plus fluide.

Un sac étanche posé sur un ponton en bois humide, avec une grande valise fermée et floue en arrière-plan, au bord du lac.

La plupart des opérateurs touristiques et des hôtels à Khao Sok ou près de l’embarcadère de Ratchaprapha proposent une consigne à bagages sécurisée. Le rituel est simple : vous arrivez avec tous vos bagages, vous préparez votre sac étanche pour la nuit, et vous laissez le reste en toute sécurité. Vous voyagez léger, l’esprit tranquille.

Votre feuille de route pour un sac étanche parfait

  1. Prendre un chapeau et de la crème solaire (exposition prolongée sur l’eau).
  2. Glisser un spray anti-moustique (indispensable au coucher du soleil et près des zones humides).
  3. Mettre un maillot de bain et une serviette (baignade/kayak depuis le bungalow).
  4. Ajouter des chaussures adaptées à la randonnée si une excursion en grotte ou un trek est prévu.
  5. Emporter un nécessaire de toilette compact et des vêtements de rechange (l’humidité est omniprésente).

Adopter ce réflexe n’est pas seulement pratique, c’est un changement d’état d’esprit. Vous passez du mode « touriste chargé » au mode « explorateur agile », prêt à profiter de chaque instant sans être freiné par le matériel.

Quels animaux peut-on réellement voir avec un projecteur depuis la barque ?

Le safari nocturne en barque est souvent vendu comme un moment fort de l’expérience, une promesse d’apercevoir la faune insaisissable de la jungle, comme des sambars, des civettes ou même des tapirs venant s’abreuver. Armé d’un puissant projecteur, le guide balaie les berges dans l’obscurité. Si l’intention est louable, il est important d’aborder cette pratique avec une perspective experte et critique. La question n’est pas seulement « que peut-on voir ? », mais aussi « quel est l’impact de ce que l’on fait ? ».

La lumière artificielle en pleine nuit dans un écosystème aussi préservé n’est pas neutre. Comme le rappellent des chercheurs dans la revue SET, « L’utilisation croissante de la lumière artificielle nocturne est devenue une source de pollution ayant un impact sur les écosystèmes et la biodiversité. ». Pour de nombreux animaux nocturnes, une lumière crue est une source d’éblouissement, de stress et de désorientation. Elle peut interrompre leur chasse, leur déplacement ou les rendre vulnérables aux prédateurs.

L’utilisation croissante de la lumière artificielle nocturne est devenue une source de pollution ayant un impact sur les écosystèmes et la biodiversité.

– Chloé Thierry et al., Sciences Eaux & Territoires (Revue SET), article sur la pollution lumineuse

L’impact le plus documenté concerne les insectes. Le faisceau lumineux en attire des milliers, qui finissent souvent par mourir d’épuisement ou en entrant en contact avec la source de chaleur. Un organisme de vulgarisation sur la biodiversité rappelle que l’éclairage nocturne peut tuer massivement des insectes, citant une estimation d’environ 150 insectes tués par nuit et par lampadaire. Multiplié par le nombre de bateaux sur le lac, le bilan est loin d’être anodin pour la base de la chaîne alimentaire.

Alors, faut-il renoncer au safari nocturne ? Pas nécessairement. Un guide responsable utilisera le projecteur avec parcimonie, avec une lumière tamisée (parfois rouge, moins perturbante) et pour de courtes durées. Le confort de l’observation ne doit pas se faire au détriment de l’écosystème. Une approche plus respectueuse consiste à privilégier l’écoute. La nuit, la jungle s’exprime par les sons : le bruissement dans les feuillages, le cri d’un oiseau nocturne, le chant des insectes. C’est une immersion plus subtile, mais tout aussi puissante.

La véritable magie n’est pas de « forcer » une observation à tout prix, mais d’accepter ce que la nature veut bien nous montrer, et surtout, nous faire entendre.

L’erreur de laisser la porte du bungalow ouverte à la tombée de la nuit

C’est une erreur de débutant, souvent commise par insouciance alors que le soleil se couche dans un spectacle de couleurs flamboyantes. Vous êtes sur votre terrasse, profitant de la fraîcheur qui tombe, et vous laissez la porte de votre bungalow ouverte pour faire un courant d’air. Grave erreur. La tombée de la nuit est le signal pour une myriade d’insectes, et en particulier les moustiques, de commencer leur activité. Laisser la porte ouverte, avec la lumière allumée à l’intérieur, c’est comme déployer un panneau « Entrée libre » pour tous les insectes du secteur.

Le confort de votre nuit dépend directement de ce simple réflexe : dès que la luminosité baisse, on ferme la porte. Ce n’est pas de la paranoïa, c’est une routine de prévention simple qui vous évitera une nuit de chasse au moustique et un réveil couvert de piqûres. Mieux vaut avoir un peu chaud pendant quelques minutes que de partager sa chambre avec des invités indésirables.

Mais les insectes ne sont pas les seuls à être attirés. Dans de nombreux parcs nationaux en Thaïlande, la faune est habituée à la présence humaine et peut se montrer très opportuniste. C’est notamment le cas des singes, comme les macaques. Une étude de cas vécue dans le parc de Khao Yai, transposable au contexte du lac, montre que les singes patrouillent régulièrement les zones de présence humaine à la recherche de nourriture facile. Un bungalow ouvert avec un paquet de biscuits ou des fruits sur la table est une cible parfaite. Ils sont rapides, agiles et n’hésiteront pas à s’introduire pour dérober ce qui les intéresse.

Étude de cas : La pression des singes sur les zones de camping

Dans un récit de visite du parc national de Khao Yai, l’auteur insiste sur la nécessité de gérer strictement la nourriture et les objets laissés sans surveillance dans les zones de camping. Les singes, particulièrement les macaques, ont appris à associer les humains à la nourriture et n’hésitent pas à fouiller les tentes ou les sacs laissés ouverts. Cette logique s’applique parfaitement aux terrasses et aux portes ouvertes des bungalows flottants : tout ce qui a une odeur ou qui est facilement saisissable devient une cible potentielle, transformant une rencontre avec la faune en un moment de stress.

La règle est donc double : fermer systématiquement l’accès à votre bungalow et ne jamais laisser de nourriture sur votre terrasse sans surveillance. Cela garantit non seulement votre tranquillité, mais aussi la sécurité des animaux, en évitant de les habituer à la nourriture humaine, ce qui est néfaste pour leur santé et leur comportement.

En somme, le confort nocturne se prépare juste avant le coucher du soleil. C’est une discipline de quelques minutes qui assure des heures de quiétude.

Pourquoi se lever à 6h du matin est-il le moment le plus magique de l’expérience Khao Sok ?

L’idée de mettre un réveil à 6h du matin en vacances peut sembler contre-intuitive. Pourtant, sur le lac Cheow Lan, c’est sans doute le meilleur cadeau que vous puissiez vous faire. Manquer le lever du jour sur le lac, c’est passer à côté de l’essence même de l’expérience. C’est à ce moment précis que la magie opère, un mélange de conditions visuelles, sonores et atmosphériques uniques.

Visuellement, le spectacle est à couper le souffle. Alors que le ciel passe de l’indigo au rose puis à l’orangé, une fine brume s’élève de la surface de l’eau, enroulant la base des montagnes karstiques. Le lac, parfaitement calme, se transforme en un miroir liquide qui reflète le ciel et les silhouettes majestueuses des pitons rocheux. Il n’y a pas de vent, pas de vagues, juste une immobilité et un silence profonds. C’est le moment idéal pour prendre un kayak et glisser seul sur l’eau, dans une solitude et une paix quasi mystiques.

Vue panoramique du lac au lever du jour avec une brume légère, eau calme et montagnes karstiques, un petit kayak isolé au loin.

Mais la magie est aussi sonore. C’est à l’aube que la jungle se réveille. Le son le plus emblématique est le chant du gibbon, un « hou-hou-hou » mélodieux et puissant qui porte à des kilomètres à la ronde. C’est un concert naturel d’une beauté saisissante. Au-delà des gibbons, c’est toute une symphonie qui se met en place avec le cri des calaos et d’autres oiseaux tropicaux.

Le safari matinal : un choix stratégique pour l’observation

De nombreux opérateurs touristiques, comme celui de Khao Sok Paradise, mettent spécifiquement en avant le safari en bateau tôt le matin. Ce n’est pas un hasard : c’est le moment le plus propice pour observer la faune. Les animaux, notamment les primates comme les macaques ou les semnopithèques, sont plus actifs avec la fraîcheur matinale. Ils descendent près des berges pour se nourrir avant que la chaleur de la journée ne les pousse à chercher l’ombre, plus haut dans la canopée. Se lever tôt n’est donc pas seulement pour la beauté du paysage, c’est aussi une décision stratégique pour maximiser ses chances d’observation.

Le réveil matinal n’est donc pas une contrainte, mais une opportunité. C’est la récompense de votre nuit sur le lac, un moment où tous les éléments s’alignent pour offrir une expérience sensorielle totale, à la fois paisible et vibrante de vie.

C’est dans ce silence brumeux, percé par le chant d’un gibbon, que l’on comprend pourquoi on a fait le voyage. C’est un souvenir qui reste gravé bien après la fin du séjour.

Khao Yai ou Khao Sok : lequel offre la meilleure immersion « livre de la jungle » ?

Pour de nombreux voyageurs en quête d’une expérience « Livre de la Jungle », le choix se résume souvent à deux des parcs nationaux les plus célèbres de Thaïlande : Khao Yai, près de Bangkok, et Khao Sok, dans le sud. Bien que tous deux offrent des forêts primaires luxuriantes et une faune abondante, l’immersion qu’ils procurent est fondamentalement différente. Comprendre cette différence est essentiel pour choisir le parc qui correspond à vos attentes.

Khao Yai offre une immersion terrestre classique. C’est le plus ancien parc national de Thaïlande, un vaste territoire de montagnes et de forêts que l’on explore principalement par la route, en s’arrêtant pour des randonnées vers des cascades ou des points de vue. L’expérience « jungle » y est dense, sensorielle, faite de treks à pied où l’on est entouré par la végétation, à l’affût des bruits et des mouvements dans la canopée. C’est l’image traditionnelle de l’exploration de la jungle.

Khao Sok, en revanche, propose une immersion double, avec une dimension aquatique unique. Le parc est divisé en deux zones : la forêt autour du village de Khao Sok, où l’on peut faire des treks similaires à ceux de Khao Yai, et le spectaculaire lac Cheow Lan. Ce dernier, un immense réservoir artificiel, a transformé l’expérience. Comme le rappelle un guide de voyage qui décrit l’échelle du lac Cheow Lan, ses 165 km² de superficie ont créé un paysage unique où les anciennes vallées sont devenues des voies navigables et les sommets des montagnes des îles et des pitons karstiques. L’immersion « livre de la jungle » à Khao Sok se vit donc principalement depuis l’eau.

La genèse du lac : une immersion « liquide »

Un article d’Apsara Venteure sur le double terrain d’immersion de Khao Sok explique que le lac a été créé suite à la construction d’un barrage en 1982. L’inondation de la vallée a noyé une partie de la forêt mais a aussi donné naissance à ce paysage spectaculaire, souvent comparé à la baie d’Halong ou à Guilin. Cette genèse explique pourquoi l’expérience est si différente : à Khao Sok, la jungle ne vous entoure pas, elle se dresse devant vous. L’observation de la faune se fait depuis une barque, en scrutant les berges. C’est une perspective panoramique et contemplative, moins suffocante qu’un trek en pleine forêt.

Alors, lequel choisir ? Si vous cherchez l’aventure du trek, la sensation d’être « avalé » par la forêt et la possibilité de longues randonnées, Khao Yai est un excellent choix. Si vous rêvez de paysages grandioses, d’une ambiance sereine et de l’expérience unique de dormir sur l’eau, avec une observation de la faune depuis une barque, alors Khao Sok et le lac Cheow Lan sont inégalables.

Khao Sok n’est pas une « meilleure » jungle que Khao Yai, c’est une autre manière de la vivre : non pas en y pénétrant, mais en flottant en son cœur.

Comment distinguer le cri du gibbon de celui des autres primates à l’oreille ?

Entendre le chant du gibbon à l’aube est l’un des moments les plus mémorables d’un séjour à Khao Sok. Ce son puissant et mélodieux est la bande-son de la jungle, mais comment être sûr qu’il s’agit bien d’un gibbon et non d’un autre primate ? La distinction est en réalité assez simple une fois que l’on connaît les caractéristiques uniques de ce chant.

Le premier indice est la structure musicale du cri. Contrairement aux grognements, cris aigus ou aboiements d’autres singes, le chant du gibbon est un véritable duo, une série de notes claires et longues qui montent et descendent en intensité. Il ne s’agit pas d’un bruit chaotique, mais d’une vocalise structurée. On peut souvent entendre un appel initial, suivi d’une réponse d’un autre individu, créant une sorte de conversation à travers la canopée. C’est ce caractère de « duo » qui est le plus distinctif.

Le second indice est sa puissance et sa portée. Le chant du gibbon est conçu pour parcourir de longues distances afin de marquer le territoire et de maintenir le contact avec les membres de la famille. Vous pouvez l’entendre très clairement même si les animaux sont à plus d’un kilomètre. C’est un son qui emplit l’espace, bien plus qu’un simple cri perdu dans la forêt.

Enfin, pour l’oreille plus avertie, on peut même déceler une complexité dans le rythme et la tonalité. Une publication scientifique qui donne des repères chiffrés sur le rythme des duos de gibbons a analysé ces chants en détail. Sans entrer dans les détails techniques des fréquences en Hertz, cette étude confirme que le duo est une construction complexe où le mâle et la femelle ont des contributions distinctes, avec des tempos et des notes caractéristiques qui s’entremêlent. C’est la preuve scientifique que ce que nous percevons comme un « chant » est bien une communication élaborée et non un simple cri.

En résumé, pour identifier le gibbon :

  • Écoutez la mélodie : Cherchez une série de notes pures qui montent et descendent, souvent sous forme d’appel et de réponse.
  • Jaugez la puissance : Le son est-il puissant, semble-t-il venir de loin et remplir tout l’espace sonore ?
  • Oubliez les cris isolés : Les cris brefs, les grognements ou les jacassements sont plus probablement le fait de macaques ou de semnopithèques.

La prochaine fois que vous l’entendrez, vous ne percevrez plus un simple bruit de la jungle, mais la signature vocale d’un des acrobates les plus fascinants de la canopée.

L’essentiel à retenir

  • Le confort sur le lac Cheow Lan n’est pas une question de luxe, mais d’un arbitrage intelligent entre différentes offres (clim, silence, sanitaires).
  • La clé d’une aventure sans stress est la logistique : laisser sa valise à terre et n’emporter qu’un sac étanche minimaliste.
  • Les moments les plus magiques, comme le lever du jour et l’observation de la faune, se préparent et se méritent en se levant tôt et en adoptant une attitude respectueuse.

Quel parc national choisir pour observer des éléphants sauvages en toute sécurité ?

Observer des éléphants dans leur habitat naturel est un rêve pour de nombreux voyageurs en Thaïlande. Cependant, il est crucial de le faire de manière responsable et sécuritaire, tant pour vous que pour les animaux. « Sauvage » signifie imprévisible. Le choix du parc national et de la méthode d’observation est donc primordial. Si Khao Sok abrite des éléphants, les chances de les y voir sont très faibles, surtout depuis le lac. D’autres parcs sont bien plus réputés pour cela.

Le parc national de Kui Buri, au sud de Hua Hin, est souvent cité comme le meilleur endroit de Thaïlande pour observer des éléphants sauvages. Les opérateurs locaux y annoncent des probabilités très élevées, mais comme le rappelle l’un d’eux, même avec « 95 % de chances » de voir des éléphants sauvages, il n’y a jamais de garantie à 100%. L’observation se fait depuis des zones dédiées, en jeep avec des rangers, ce qui assure une distance de sécurité et minimise la perturbation des troupeaux.

Le parc national de Khao Yai est une autre excellente option. L’observation y est également bien encadrée. Des zones comme les tours d’observation près des clairières salines (« salt licks ») permettent d’attendre les animaux en toute sécurité. Un retour d’expérience sur Khao Yai souligne l’importance de suivre les règles strictes, notamment en ayant recours à des guides pour les treks en zones reculées. La sécurité y est une priorité absolue.

Quelle que soit votre destination, les règles de sécurité sont universelles et non négociables. S’inspirant des recommandations de Parcs Canada pour l’observation de la faune, voici les principes à appliquer :

  • Gardez une distance respectueuse : Ne vous approchez jamais d’un éléphant. La règle générale pour les grands mammifères est de se tenir à au moins 30 mètres, mais avec un éléphant, visez plutôt 100 mètres. Un véhicule ou une barque offre une fausse sensation de sécurité.
  • Ne les nourrissez jamais : C’est la pire chose à faire. Cela altère leur comportement naturel et peut les rendre agressifs.
  • Soyez attentif à leur langage corporel : Un éléphant qui bat des oreilles, secoue la tête ou fait semblant de charger vous indique clairement que vous êtes trop près. Reculez calmement, sans courir.
  • Choisissez un opérateur responsable : Un bon guide ne cherchera jamais à s’approcher trop près pour vous garantir une « meilleure photo ». Il privilégiera toujours le bien-être de l’animal.

La sécurité et le respect sont les deux piliers d’une observation éthique. Un éléphant sauvage observé de loin, dans le calme et le respect, procure une émotion bien plus forte et authentique qu’une rencontre forcée et risquée.

Avant de planifier une telle excursion, il est fondamental de bien intégrer les principes de l'observation sécuritaire de la faune sauvage.

Pour mettre en pratique ces conseils et planifier votre aventure en toute sérénité, l’étape suivante consiste à vous renseigner auprès d’agences locales spécialisées qui partagent cette philosophie de tourisme responsable.

Rédigé par Marc Delacroix, Guide naturaliste certifié et instructeur de plongée PADI, expert en écotourisme et faune sauvage en Thaïlande. Il cumule 12 années d'expéditions, des jungles du Nord aux récifs de la mer d'Andaman.